proximité du bec. Les deux images sont identiques, mais l’une des deux est plus petite, évoquant la différence naturelle entre le mâle et la femelle. La perfection de la coupe permet d’emboîter parfaitement les deux moitiés et, si on le souhaite, de cacher les deux figures intérieures. Une paire d'orifices centraux permet de fixer chaque élément d'une multitude de manières. La symétrie et I'équilibre des quatre faces sculptées constituent une authentique prouesse artistique, mais le concept multiple de dualité qu'incarne la pièce est plus important encore.  D’où provenaient ces turquoises ? La présence massive de turquoises dans les contextes rituels du Mayo-Chinchipe indique probablement I'existence d'un dépôt important dans ce territoire, qui n'a malheureusement pas encore été localisé. S’il l’était, iI pourrait fournir des informations précieuses sur I'origine et la dimension spatiale de I'influence de la nouvelle culture. On ne peut toutefois pas écarter la possibilité que les sources se trouvaient à une distance considérable du bassin du fleuve. La présence de turquoises sur ce territoire pourrait être un indicateur important de l'existence d'un vaste réseau de communications interrégionales assurant la distribution de produits exotiques dans des régions très éloignées les unes des autres. De ce fait, les coquillages marins (strombes et spondyles) qui apparaissent dans le bassin constituent une preuve irréfutable des interactions constantes qui se produisaient dans cette région depuis des temps reculés. La valeur symbolique des coquillages marins et des turquoises est sans aucun doute le moteur qui donna lieu à ce commerce (formel ou informel) le long du versant oriental des Andes. Le site de Santa Ana La Florida n’a pas encore livré tous ses secrets. Qu’avez-vous découvert lors des dernières fouilles ? Les découvertes sont beaucoup trop nombreuses pour que je tente de les résumer ici. Je préfère renvoyer vos lecteurs à la consultation de notre site : http://palanda.arqueo-ecuatoriana.ec/                                        Parmi les récentes découvertes : ce récipient en pierre, orné de points en creux, entre lesquels zigzaguent des lignes formant un double personnage “ La présence massive de turquoises   dans les contextes rituels   du Mayo Chinchipe   indique probablement l’existence   d’un dépôt important   dans ce territoire qui n’a pas encore   été localisé ” © Photos : F. Valdez http://downloads.arqueo-ecuatoriana.ec/ayhpwxgv/blogs/palanda/informe_MCPNyC.pdf http://www.arqueo-ecuatoriana.ec/home Des forteresses énigmatiques aux portes de l’Amazonie Lire aussi... Les rives de l’impétueux fleuve Cuyes en Équateur dissimulent  en  partie des structures monumentales dont des forteresses  précolombiennes. Selon les travaux de Catherine Lara  elles seraient, pour certaines, le fait de populations mixtes qui auraient inclus les redoutables Jivaros (Shuars). http://downloads.arqueo-ecuatoriana.ec/ayhpwxgv/blogs/palanda/lara_salf.pdf KLEIN Daniel & Cruz Cevallos Ivan. Equateur. L’art secret de l’Equateur précolombien. 5 Continents. 2007 VARICHON Anne. Couleurs. Pigments et teintures dans les mains des peuples. Seuil. 2005 TELLO Juilo C. Origen y desarollo de las civilisaciones prehistoricas andinas. Actas y trabajos cientificos del XXVII Congresso Internacional de Americanistas. Lima, 1939. T I 1942. LATHRAP D.W. The Upper Amazon. Ancient Peoples and Places. New-York. Praeger. 1970 ROWE, John Howland. Chavin Art : An Inquiry into its Form and Meaning. Museum of Primitive Art. New-York                           Des liens utiles pour en savoir plus *** Premier fleuve a l'origine du système fluvial Mayo Chinchipe **    Partie plate de la terrasse par opposition aux pentes qui se trouvent aux deux extrêmes (Est/Ouest). *    Institut de Recherche pour le Développement Interviewes des chercheurs, abécédaire illustré, expositions, rencontres, sites, etc Propos recueillis en 2012  Lire les articles publiés par Francisco Valdez sur www.academia.edu