Pour en savoir plus   WRIGHT Véronique. Étude de la polychromie des reliefs sur terre crue de la Huaca de la Luna. Trujillo. Pérou. A voir sur le site de l'Institut Français des Études Andines : http://www.ifeanet.org Le Pérou des Mochicas. Un petit monde de terre cuite. Catalogue d'exposition du Château Musée de Boulogne-sur-Mer. 2008. Les archives audiovisuelles de la Fondation Maison des Sciences de l'Homme sur wwww.archivesaudiovisuelles.fr.FR   Le site diffuse en HD l'intégralité de la rencontre intitulée " Les Mochicas : pratiques rituelles et artistiques dans la Huaca de la Luna " (incluant l'intervention de Véronique Wright sur les pigments et l'art mural mochica), le 25 septembre 2008, à la Maison de l'Amérique Latine, à Paris, à l'initiative du Centre Culturel Péruvien de Paris (CECUPE). Photo © c2rmf, V. Wright. Nous avons prélevé des échantillons et analysé ces traces. Au microscope, sont apparus des petits globules qui semblaient correspondre à des globules rouges.  Pour développer la recherche, nous avons confié l'étude à un laboratoire qui travaille avec l'Institut génétique Nantes Atlantique spécialisé dans les affaires criminelles. Les analyses hématologiques ont montré que ces traces correspondaient très probablement à la présence de sang. Ces traces brunes étaient dues à son accumulation, par projection, sur le décor mural. S'agit-il de sang humain ou animal ? Les échantillons étaient trop dégradés pour pouvoir savoir s'il s'agissait de sang humain ou animal. Mais de nouvelles analyses plus poussées permettraient sans doute de répondre à cette question. A-t-on une idée de l'organisation qui prévalait pour réaliser ces décors muraux ? Selon nos calculs, plus d'une tonne de pigments était nécessaire  pour  passer une  seule  couche de peinture sur la façade nord de la Huaca de la Luna, par exemple. Je vous laisse imaginer la quantité de matériaux qu'il fallait préparer, broyer, mélanger avec des liants, puis appliquer sur les murs. Sachant que nous avons remarqué à certains endroits jusqu’à 30 couches de peinture superposées. Car, de temps en temps, les Mochicas rafraîchissaient leurs décors. C’est dire la quantité de main d’oeuvre et la spécialisation qu’il fallait pour préparer tous ces matériaux. Cette main d’oeuvre était très vraisemblablement hiérarchisée. L’artisan qui broyait les pigments n’avait certainement pas les mêmes responsabilités que ceux qui dessinaient le décor ou appliquaient la peinture sur le mur.    Quelles sont vos prochaines pistes de recherche ? L'archéométrie nous a permis d'aboutir à des conclusions techniques, mais aussi anthropologiques inédites. Toutefois, quelques points mériteraient d'être développés. Il serait effectivement très intéressant d'élargir cette recherche à d'autres sites mochicas et à d'autres décors dans le but d'évaluer si nos conclusions se vérifient ou non. Il serait bon d'étendre ces travaux à d'autres cultures qui ont utilisé l'art mural pour voir, à partir du protocole mis en place, si nous retrouvons un système d'organisation comparable ou complètement différent. Avec la récente découverte de décors sur le site de Ventarrón, l'étude de l'art mural au Pérou n'en est qu'à ses débuts !                                                                Image en microscopie électronique à balayage, en mode électrons ré- diffusés, à un agrandissement x 1000, d’une fibre  archéologique cou- verte de peinture, correspondant à une fibre de camélidé Les collections précolombiennes au musée du Quai Branly Cliquez ici pour revenir aux réponses des chercheurs... Propos recueillis en 2008